De A à Z,

les auteurs et les références qui font le management

Frederick Winslow TAYLOR (1856-1915)

 

– L’Organisation Scientifique du Travail (OST) –

Classification : courant classique des organisations.

  • TAYLOR – son histoire, son parcours

Issu d’une vieille famille quaker de Philadelphie, TAYLOR devant rapidement cesser ses études en raison de problèmes de santé, entre comme apprenti dans une usine. La plus grande partie de sa carrière professionnelle sera réalisée à la Midval Stell Company.
Son implication et son sens de la méthode lui permettent de gravir tous les échelons, de contremaître à ingénieur. Puis il exercera le métier de conseil en organisation.
Après avoir publié un mémoire sur les salaires aux pièces (1895) et sur la direction des ateliers (1903), il publie en 1911 son ouvrage de référence « Les principes de la direction scientifique »

  • TAYLOR – sa démarche

TAYLOR est membre de « l’Americain Society of Mechanical Engineers » (ASME), association fondée en 1880 et dont il deviendra le Président en 1905 : cette association avait pour objet de mettre en valeur et d’analyser des problématiques managériales et en particulier les problèmes de production.

En 1895, lors de sa première intervention dans cette association, il démontre l’utilité de mesurer très précisément la durée de travail d’une activité spécifique tout en fixant le salaire au temps de réalisation de cette activité.
Il appuiera ainsi son analyse sur des études qu’il avait menées avec un autre ingénieur, H.L. GANTT (inventeur du diagramme et de l’outil de planification des tâches du même nom). C’est avec ce dernier qu’il travaillera pour l’aciérie Bethlehem Steel Company sur des opérations de chronométrage et d’organisation de processus de travail. Devant de nombreuses résistances, en particulier des ingénieurs, TAYLOR sera renvoyé de cette entreprise en 1901.
TAYLOR va alors prolonger ses analyses et promouvoir le résultats de ses études qu’il publiera en 1911 dans son ouvrage de référence «  Les principes de la direction scientifique »
A côté de l’analyse des temps de travail de TAYLOR, d’autres ingénieurs ont mené des travaux destinés également à une volonté de rationalisation du travail (ou « scientific management »).
Ainsi, Frank Bunker GILBRETH (1868-1924) maçon d’origine puis entrepreneur se consacra aux études systématiques des mouvements humains dans le but de ramener l’ensemble des gestes au travail en mouvements fondamentaux; il enregistrait et chronométrait tous les mouvements de l’homme au travail dans le but de diminuer la fatigue au travail et donc d’augmenter la productivité.

  • TAYLOR – Les principes d’une organisation scientifique du travail

Pour aboutir à une organisation optimale et universelle (un « one best way ») il convient alors d’appliquer les 4 principes suivants :

  • La division du travail (parcellisation des tâches) :
    – horizontale : décomposition du travail en tâches élémentaires ( le bureau des méthodes prend le contrôle du poste de travail et ne laisse à l’ouvrier que le soin d’exécuter ce qui a été conçu par les ingénieurs)
    – verticale : le concepteur conçoit / le contremaître contrôle/ l’ouvrier exécute.
  • La standardisation du travail et sa formalisation par des procédures
  • Le contrôle permanent de l’exécution des tâches
  • Un système de rémunération « à la pièce » : le salaire au rendement
  • TAYLOR – Les apports et les limites de son approche

Un apport essentiel : ses travaux ont permis une considérable amélioration des conditions d’organisation du travail et de la production avec, pour résultat, une spectaculaire hausse de la productivité.
Avec FAYOL*, TAYLOR est considéré comme le fondateur du courant de « l’école classique du management » et leurs idées, bien que controversées, en particulier par l’école des relations humaines, ont été largement mises en pratique dans les entreprises et ont accompagné le développement de l’industrialisation.

Mais, à compter des années 1960, les avantages du taylorisme sont remis en question et les conséquences morales et sociales du «travail en miettes» (G. FRIEDMANN*) amènent une réflexion sur la déshumanisation du travail avec en particulier :
– une séparation conception-exécution qui prive le salarié de toute prise d’initiative.
– une division excessive du travail, les tâches répétitives, monotones, aliénantes.
– l’ignorance de nombreux facteurs de satisfaction et de motivation au travail autres que le salaire : l’initiative, le travail en groupe, …

Ces nouvelles perceptions et la tertiarisation des économies ne vont cependant pas faire disparaître le taylorisme : à côté d’organisations des systèmes de production et des activités plus souples et mieux adaptées aux environnements actuels (toyotisme, management par projets, …), le taylorisme subsiste et ses principes ont notamment été appliqués à de nombreuses nouvelles activités tertiaires (« le néo-taylorisme* »).

Principales publications et travaux :

  •  The Principles of Scientific Management, Harper & Brothers, 1911.
  •  La direction scientifique des entreprises, Dunod, 1957.

Les clefs du managment.com – Pour comprendre le management organisationnel et stratégique – Gérard Lécrivain, professeur en DCG et en DSCG.