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les auteurs et les références qui font le management

CHANDLER Alfred (1918/2007)

Docteur en histoire (historien des grandes firmes américaines) et économiste, Alfred Dupont Chandler travaille d’abord au MIT comme chercheur et il devient Directeur du département d’histoire de l’université Johns Hopkins en 1965.

Il va tout d’abord s’intéresser à l’histoire des affaires et particulièrement à l’évolution du capitalisme et aux impacts de cette évolution sur l’organisation des entreprises.

La suprématie de la forme M/ forme U
Alfred Chandler examine ainsi l’évolution des premières grandes sociétés américaines entre 1850 et 1920 . C’est à cette période, selon lui qu’est né le capitalisme moderne marqué par des grandes entreprises constituées de plusieurs unités opérationnelles. Ces formes d’organisation remplacent progressivement les grandes entreprises traditionnelles spécialisées et centralisées.
Ces nouvelles entreprises sont structurées de manière multidivisionnelle (M Form). Ainsi, à partir des années 1920, l’économie américaine va être marquée par l’émergence de ce type de structures.
Ces grandes sociétés vont ainsi internaliser et gérer toute une filière d’activités, et regrouper, coordonner tout un ensemble d’unités. D’une forme unitaire (U), les grandes entreprises vont évoluer vers une forme multidivisionnelle (M). A partir d’une massification de l’activité et de la coordination de ces différentes unités désormais intégrées, la productivité va considérablement augmenter. La coordination apparait alors préférable au recours au marché (coûts de transaction). Chandler explique ainsi l’émergence et le développement de grands groupes industriels.

Par ailleurs, la structure multidivisionnelle apparait mieux adaptée à un contexte d’avancée rapide des innovations technologiques et à la croissance de la demande de masse qui caractérise la seconde moitié du XIXe siècle. Elle est aussi plus efficace au fur et à mesure que les firmes diversifient leurs activités.

L’organisation des formes U/M
La structure unitaire se caractérise par une forme hiérarchique centralisée et une séparation étanches des fonctions (logique fonctionnelle) , alors que la forme multidivisionnelle se caractérise par une forte division du travail dont la coordination est assurée par une direction générale (logique divisionnelle) :
La forme U : centralisation du pouvoir et départementalisation de la structure autour de fonctions dirigées par des spécialistes. Cette forme est adaptée aux logiques de production de masse, spécialisée et fortement standardisée. Cependant, l’imperméabilité des fonctions ne favorise pas les échanges, les croisements de compétences et donc les processus d’innovation. Dès qu’une firme élargit ses activités ou que son environnement devient instable, il devient alors souhaitable d’envisager un passage à la forme M.
La structure multidivisionnelle est décentralisée. : La direction assure la coordination entre les divisions, et prend les décisions stratégiques. Ces divisions peuvent correspondre à des DAS ou à des zones géographiques. Par rapport à la forme U, cette forme d’organisation favorise une plus grande flexibilité stratégique en permettant une entrée plus aisée sur de nouveaux marchés (la création de nouvelles division est possible).
La « Forme en M » apparait alors comme la structure d’entreprise multi-activités, multinationale dans laquelle la direction concentre les tâches de stratégie de long terme , tandis que les directions opérationnelles appliquent quotidiennement et de façon décentralisée les directives de la direction générale.

La décentralisation
Chandler fut le premier à démontrer la nécessité de la décentralisation dans les grandes sociétés et ses principes ont grandement marqué l’organisation de nombreuses entreprises dans les années 1960/1970.

La stratégie entraîne la structure
Selon lui « la stratégie est la détermination des buts et des objectifs à long terme, des moyens d’actions et des ressources » et « la structure, la manière dont l’organisation est assemblée pour appliquer la stratégie choisie ». De fait la structure suit la stratégie.
D’autres auteurs (relevant notamment du courant de la contingence et de l’approche systémique) vont démontrer que d’autres variables ou facteurs de contingence conditionnent également la morphologie structurelle (la taille, l’âge, la culture nationale, les jeux de pouvoir, …).
Par ailleurs, comme l’a démontré par exemple Mintzberg, la relation causale stratégie –> structure est en réalité une relation à double sens(stratégie <–> structure ) : une structure adhocratique est, par exemple, un mode structurel qui facilite et entraîne les stratégies d’innovation.

 Principales publications :

  • Années 1960

Alfred Chandler, Strategy and structure: chapters in the history of the industrial enterprise, Cambridge, M.I.T. Press,‎ 1962

  • Années 1970

Alfred Chandler, The visible hand : the managerial revolution in American business, Cambridge, Mass, Belknap Press,‎ 1977

  • Années 1980

La main visible des managers, Economica, 1988.

Alfred D. Chandler Jr., Stratégies et structures de l’entreprise, Éditions d’Organisation,‎ 1989

  • Années 1990
    1992, avec E. Jansen. “The Founders Self-Assessed Competence and Venture Performance.” J. Bus. Venturing 7
    1992, Organisation et performance des entreprises : Tome 1 (Les États-Unis 1880-1948), Paris, Organisation.
    1992, Organisation et performance des entreprises : Tome 2 (La Grande-Bretagne 1880-1948), Paris, Organisation.
    1992, Organisation et performance des entreprises : Tome 3 (L’Allemagne 1880-1948), Paris, Organisation.